Chercher, puis trouver les Masques de James Ensor
                                                                                                             les (corps) de Françoise Vergier
                                                                                                   les blancheurs de lait de Luca Della Robia
                                                                                                    les chairs frémissantes de Lucian Freud
                                                                                                            les prolos de Gustave Courbet
                                                                                                        les traits burinés d'Albrecht Dürer                                                                                                 
                                                                                                                   les histoires d'Hokusai



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Plafond semelle taille rêche fait mal
Donne suie pourrit mais sent s'en fout que dalle rien ne veut. Exige jure gueule vas roide et froide,
silure, entre tes dents l'air, la mort.
Des rais de lumière, qu'avons-nous cure ? Fil du rasoir, tranché de part en part, rempart tombé
dans un ciel sans fin, faim, tellement.



Distanciation partition fraction faction diffraction fission. Chute, veuillez éteindre avant de mourir...


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Tailler les mots au couteau acéré effilé.
Scruter, retailler les boursouflures inévitables inutiles.
Tailler à l'os. Tailler dans l'os.
Organiser à nouveau nerfs et tendons, racler le gras, entendre la lame cogner le squelette.
Créer le monstre rêvé. Défaire. Refaire. Parfaire.

Donner. À voir. À sentir. À respirer.

Le donner à craindre.
Recevoir.

Des éclats du pire.

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une femme nue danse sous l'ombrelle une dentelle dans la main gauche. une image de Tchernobyl à ses pieds sur le sable cuisant. ses mouvements, d'une violence extrême, jettent des éclats de verre brillants autour du cercle de ses pas fous.

(la musique vient de sa tête passe par ses épaules électrise ses mains agite ses seins explose dans ses hanches.)

ses hanches ceintes du barbelé de Guantanamo. ses yeux pleurent. les yeux de trois cents mille hommes dévorent infinimentintimement son corps comme des loups affamés.

(les poings serrés les traits monstrueux la mâchoire serrée les yeux injectés.)
 
la dévorent pour mieux la punir.     [Punir Encore. Punir Toujours. Punir. Punir. Punir !]        les puissances du monde ne lui pardonneront jamais sa Puissance.

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Un homme bleu, seul sur la scène,  par une lueur jaune, au cœur battant sur sa peau, à craquer tendue pour mieux battre encore...
Son crâne luit de toutes ces étoiles venues se réfugier, venues alerter les autres hommes bleus.

Mais quel sens tout cela peut-il bien avoir ? Leur langue est impossible ! Et pour toujours encore sur la scène, depuis le commencement...
Mille orchestres se répètent infiniment, leurs os craquent comme les piliers de ce pauvre monde agonisant.
Des lames de fond les soulèvent.
Au diable! Que les chiens se taisent ! Tout est perdu !

L'homme bleu s'assit. Pleure. Pour toujours. Pour rien. L'ironie a déserté le monde. Plus rien n'a de brillance. Les étoiles, fatiguées,
se sont tues. L'homme bleu est muet...

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- Les eaux noires scintillent de misères et nourrissent une infinité de larmes. Comme des armes fardées pour mieux tromper l'ennemi, l'adversaire,
celui qui croit être le seul à posséder de telles lames trempées au sel de ses cataractes intarissables... Tous pareils !

- Qu'est-ce que tu crois ?

- Tous aux os blanchis par le chlore de nos pleurs !

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je... suis sous cloche, l'impression d'une lumière sous la couverture, noir bleuté, comme

une bête aux abois.

pas de sérénité, comme pour le chat, je... suis observé, par mes yeux, en dehors de moi-même.

comme dans cette image récurrente, image à l'origine...

muette [ sans possibilité de baisers, de ces lêvres sèches et délavées ].

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Le Géant écroulé
de son Sang électrique
ne sentira plus le Flot.

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l'odeur des nuages vaporeux des dimanches mélancoliques de fin d'été à travers les rideaux poussiéreux, qui accompagnaient l'ennui fondateur. ma chambre d'enfant, silencieuse. le jardin, sauvage, donnant sur la rue.
ce bleu du ciel, jamais pur.


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mon art est noir
mon araignée
mon urinoir
celui dans lequel je pisse l'encre noire de ma tristesse
celui dont la toile pique et piège mon espoir
le tourne et l'enveloppe pour n'en faire qu'un désespoir
réduit à l'os
éteignoir, étendard noir avec une tête de mort

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Beau matin. Mélodieux des souvenirs d'enfance...échos des chants d'oiseaux des forêts dominicales du Nord, pigeons roucoulant.
Matin confiné
                                                                                                                                                                                                         Samedi 21 mars 2020 09h04

                                                                                                                                                                                                                                                     Fabien Déplanque