Jean Orizet, un jour, a écrit « l'homme est peuplé de nuages qui le connaissent depuis l'enfance ».

Celui qui se cherche artiste est-il l'obligé de ces nuages ?

La conscience de leur présence muette réclame toute son attention. Afin qu'il n'oublie pas. Qu'il n'oublie jamais que de ce monde complexe, compliqué, il en fasse son outil. Qu'il n'oublie jamais l'inépuisable source de questions que lui posent cette Terre et ces hommes...

Ne rien oublier. Mais n'être sûr de rien. Ou ne rien savoir. Toujours recommencer. Se tromper, recommencer.

Essayer. Par tous les moyens.

Photographier, dessiner, construire, installer, filmer, écrire.

Articuler... Du bois, de la cire. Visser, tourner, monter.

Peindre aussi.

Peindre accoudé au hasard, qui laisse filer les teintes comme les secondes ; peindre de 100 couleurs la toile, des couleurs qui viendront teinter chacune de sa nuance celles qui la précèdent ; peindre une figure. Fugace, présente, suggérée, puis qui disparaît. Peindre encore. Un réseau, une ligne, une courbe... Attendre. Que le nuage s'agrège en une image...


Tout est bon.. dans l'art ! Les fins justifient tous les moyens !
Ces fins qui s'éloignent au fur et à mesure qu'on avance... comme la ligne d'horizon, la réussite est insaisissable, qui dédie toute une vie à son dévouement...